Enfants à l'école : avez-vous le choix ?

La grande illusion du "volontariat"

Adaptation de l'article en vidéo par Simon



La « réussite éducative » dans les crèches

Comme vous le savez, le premier ministre Edouard Philippe a détaillé mardi 28 avril à l'assemblée nationale le plan de déconfinement qui entrera en action le 11 mai prochain pour la première phase de ce déconfinement.

Si vous êtes vous-même parent, une phrase de son discours vous aura particulièrement interpellée, je la cite : « Nous proposons une réouverture très progressives des maternelles et l'école élémentaire à compter du 11 mai, partout sur le territoire, et sur la base du volontariat ».

Devant l'inquiétude des parents d'envoyer leurs enfants à l'école alors qu'on ne sait encore pratiquement rien sur le coronavirus, qu'on continue régulièrement de découvrir de nouveaux symptômes et que nous n'avons à ce jour ni traitement ni vaccin, il est rappelé sur tous les tons que de toutes façons les parents ont le choix, que ce sera selon le souhait des familles .. bref que c'est sur la base du volontariat.

Ce qui paraît surprenant, c'est que le conseil scientifique composé de spécialistes des virus recommandait dans une note datée du lundi 20 avril de maintenir la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités jusqu'au mois de septembre.

Edouard Philippe a donc justifié cette décision de rouvrir toutes les écoles dès le 11 mai car c'est nécessaire selon lui pour « garantir la réussite éducative des élèves, notamment les plus vulnérables d'entre eux ». Ceci juste avant de confier que les collèges et les lycées (même professionnels) resteront fermés jusqu'au moins le 18 mai et encore seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible.

Avant de finir sur les crèches, qui elles rouvriront en même temps que les écoles ! Mais là il ne s'est plus justifié, et on le comprend, ça aurait été suspect de parler de réussite éducative chez les moins de 3 ans.

Cessons l'hypocrisie, si le premier ministre ne l'assume pas, on a tous clairement compris le message, ils veulent que les parents retournent travailler. C'est pour cela que les crèches et les écoles sont les facteurs clés, les collégiens, les lycéens peuvent se garder eux-même. L'Etat s'endette pour que le tissu économique tienne et que les salariés soient indemnisés, ils veulent stopper cette situation au plus vite. Après tout ça peut se comprendre, de toutes façons personne n'est obligé de remettre ses enfants à l'école.

Êtes-vous si sûrs d'avoir le choix ?

Prenons tout d'abord les salariés en télétravail. Télétravailler est une chance dans cette crise sanitaire. On ne se déplace pas, on évite tout contact physique et on continue de travailler normalement ce qui permet de maintenir l'intégralité de son salaire. Bon c'est vrai que ce sont majoritairement les cadres à qui on donne cette autorisation, mais eux, auront-ils le choix de ne pas mettre leur enfant à l'école ? Tout va dépendre du bon vouloir de l'entreprise, puisqu'elle peut vous refuser de garder vos enfants pendant vos heures de travail. Et l'Etat n'a prévu aucune disposition concernant le télétravail, le premier ministre se contente de « demander » aux entreprises de le privilégier ce mode de travail.

Quand il s'agit des entreprises, vous remarquerez que le gouvernement demande ou invite à faire mais ne contraint jamais rien. Dans ce cas, ce n'est pas vous qui prenez le choix pour vos enfants, c'est l'employeur qui décide.

Prenons ensuite les salariés qui sont actuellement en chômage partiel. Ils touchent environ 80% de leur salaire net. Mais, comme ils sont malins au gouvernement, ce dispositif va devenir dégressif à partir du 1er juin. D'autre part, le chômage partiel est au bon vouloir de l'employeur, s'il le refuse, vous devez retourner travailler sinon vous risquez la retenue sur salaire, la sanction disciplinaire et enfin le licenciement pour abandon de poste, qui est une faute grave. Là encore, ce n'est pas vous qui allez choisir pour vos enfants, car si votre entreprise vous autorise le chômage partiel vous allez subir des baisses de salaire progressives (ce qui va vite poser quelques problèmes) et de l'autre vous risquez de perdre votre job.
C'est là encore votre employeur qui va décider pour vos enfants.

L'illusion du volontariat

Le volontariat est un tour de passe-passe que les pouvoirs utilisent à chaque fois pour vous donner l'illusion que vous avez le choix. Mais ce n'est qu'une formule qui n'a aucun sens car en réalité votre contrat de travail instaure un lien de subordination entre vous et votre employeur, c'est même l'une des 3 caractéristiques fondamentales du contrat de travail. Ce lien de subordination c'est ce qui juridiquement donne l'autorité à l'employeur et qui vous oblige à vous y conformer. De toutes façons, même si votre employeur n'exige pas ouvertement votre présence sur votre lieu de travail, il peut vous mettre la pression, en vous disant que rien ne vous empêche d'être présent puisque vous avez la possibilité de faire garder vos enfants à l'école ou à la crèche.

Ce plan de déconfinement, ils l'ont pensé pour l'économie, en mettant au second plan toute autre considération. Au moins chez nos voisins Européens les pouvoirs l'ont admis sans mentir ni enrober. C'est d'autant plus inquiétant quand on apprend récemment que plus de vingts enfants développent des formes graves liés au COVID en France. Nous souhaitons tout de même du courage à tous les salariés et de ne pas vous laisser faire quelque soit votre décision. Ce sont vos enfants, personne ne peut prendre votre place de parents pour décider.

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Dimitri

Cet article est l'opinion personnelle d'un rédacteur et n'engage pas toute la rédaction.

Publié le 1 mai 2020

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